Existe-t-il une élite de la fonction publique territoriale ?

Denis Courtois, DGS de la communauté de communes Val d'Amboise a lancé le débat dans une "opinion" publiée par la Gazette le 18 septembre. Il y estimait qu'une fracture se créait entre les "hauts" dirigeants des plus grandes collectivités et leurs collègues oeuvrant dans des collectivités de plus petites tailles. En cause, selon lui, la formation assuré par l'Inet : difficulté d'accès en raison de son coût et de l'éloignement, et phénomène de "reproduction des élites", mis en lumière par le sociologue Pierre Bourdieu. Carol Knoll, élève adminstrateur à l'Inet, de la promotion Cervantès, lui répondait dans la Gazette du 25 septembre, suivie, dans notre numéro du 2 octobre, par un texte collectif de sept élèves administrateurs de la promotion Théodore Monod. Au-delà des désaccords, ces trois textes appellent à une réflexion, commune, permettant de lutter contre les effets pervers d'un système qui pourrait aboutir à une cassure entre les dirigeants des collectivités locales. Et vous, qu'en dites-vous ? Consultez les "Opinions" publiés par la Gazette, et donnez votre avis.

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Action sociale : vers une reconnaissance légale

A l'occasion de l'examen en première lecture par l'Assemblée Nationale du projet de loi de modernisation de la fonction publique, a été adopté un amendement qui donne une reconnaissance légale à l'action sociale que les employeurs publics accordent à leurs agents.

Une telle démarche était attendue depuis de nombreuses années notamment dans la fonction publique territoriale. Il faut dire que la situation devenait difficilement acceptable. En l'absence du cadre légal, près de 300 000 agents des collectivités locales sont aujourd’hui dépourvus d'avantages sociaux.

A l'inverse, de nombreuses collectivités ont développé des systèmes plus ou moins avantageux.

Pour finir de se convaincre de cette situation disparate et inégalitaire, il suffit de lire avec attention les résultats de l'enquête réalisée par l’Observatoire des métiers de la fonction publique du CNFPT pour le compte du CSFPT.

Ce dernier a d'ailleurs adopté en mai 2006 un vœu à l'unanimité visant à cette reconnaissance légale de l'action sociale. Il se voit donc d'être entendu par le Parlement.

Toutefois, il faut bien voir que cette reconnaissance légale n'est qu'une première étape. De nombreuses questions restent encore à régler.

Quel doit être le pourcentage de la masse salariale que les collectivités locales doivent obligatoirement consacrer à l'action sociale ? Les associations d'élus seraient prêtes à concéder 0,3% tandis que les syndicats demandent entre 1% et 3%. Qui doit gérer l'action sociale ? Faut-il avoir recours au paritarisme ou doit-elle être uniquement gérée par les agents ?

Au-delà de la simple reconnaissance légale, les syndicats et les représentants des employeurs territoriaux devront apporter des réponses à ces interrogations. L'enjeu est d'importance car l'action sociale sera demain un facteur d'attractivité fort en matière de recrutement.

Mutuelles: bientôt la sortie du tunnel

Foule Une nouvelle solution se dessine pour que les employeurs publics puissent continuer à participer financièrement aux mutuelles de leurs agents. Elle vient de prendre la forme d’un amendement gouvernemental dans le projet de loi de modernisation de la fonction publique que l’Assemblée nationale a adopté en 1ère lecture le 28 et 29 juin. Il prévoit d’insérer à la loi du 13 juillet 1983 un article 22 Bis qui disposerait que « Les personnes publiques peuvent contribuer au financement des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles les agents qu'elles emploient, souscrivent. La participation des personnes publiques est réservée aux contrats ou règlements garantissant la mise en œuvre de dispositifs de solidarité entre les bénéficiaires, actifs et retraités ». Des modalités d’application seront fixées ultérieurement par décrets en Conseil d’Etat. Ainsi est trouvée une solution à l’arrêt du Conseil d’Etat du 26 septembre 2005 qui a abrogé «l’arrêté Chazelle» régissant le système précédant. Ce nouveau cadre légal devrait aussi répondre à la recommandation du 20 juillet 2005 de la Commission européenne. Enfin, il répond aux propos tenus par le Président de la République le 8 juin dernier lors du Congrès de la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF) : « Je suis attentif à ce que l’Etat employeur continue à garantir, y compris sur le plan législatif, la protection complémentaire de tous les fonctionnaires, actifs ou retraités, à travers un système solidaire. C’est aussi l’occasion d’enrichir le dialogue social dans la Fonction Publique». Toutefois, il ne faut pas être dupe de la solution ainsi dégagée. Il s’agit principalement d’un habillage juridique et on peut parier que la situation actuelle ne devrait pas être profondément modifiée !

Faut-il un déroulement de carrière pour les CDI ?

Foulesoc A cette question, la jurisprudence répond depuis de nombreuses années et de façon constante par la négative en considérant que les agents non titulaires, les contractuels n’ont pas le droit à un déroulement de carrière. Pourtant, la reconnaissance des contrat à durée déterminée (CDI) dans la fonction publique par la loi du loi du 26 juillet 2005 portant diverses mesures de transposition du droit communautaire à la fonction publique devrait imposer la remise en cause de ce principe. Cette loi est relativement simple. Elle prévoit que « les contrats successifs ne pourront être reconduits, pour une durée totale supérieure à six ans, que par décision expresse de l'employeur, marquant la reconnaissance par ce dernier du caractère permanent de l'emploi occupé, et ce pour une durée indéterminée. ». En revanche, la loi est muette sur la suite de la carrière de ces personnes qui se trouvent en CDI. Une personne en CDI dans un collectivité qui souhaite faire une mobilité dans une autre collectivité perd-elle son CDI ? Une personne en CDI qui fait l’objet d’une promotion importante au sein de la même collectivité locale perd-elle son CDI ( changement significatif de l’objet du contrat). Dans quelles conditions la rémunération de cette personne peut-elle être modifiée sans qu’on considère qu’il y a un nouveau contrat ? A l’ensemble de ces interrogations, le Gouvernement n’a apporté pour l’instant que peu de réponses. Pourtant, il y a urgence car les points de désaccords entre les collectivités locales et les services de contrôle de légalité des préfectures se multiplient. Au moment de l’adoption de cette loi, le ministre de la Fonction publique avait indiqué qu’il engagerait rapidement des négociations avec les organisations syndicales sur ces questions. Le temps est sans doute venu d’engager ce dialogue.

Le Pacte : un échec dans le FPT

Formation2_1 Il y a bientôt un an le Parcours d’accès aux carrières territoriales et de l’Etat (PACTE) naissait par l’ordonnance n° 2005-901 du 2 août 2005. Il s’agit d’un nouveau mode de recrutement dans les corps et cadres d’emploi de catégorie C. Il est accessible à tous les jeunes de 16 à 25 ans révolus sans diplôme et sans qualification, ainsi qu’aux jeunes de 16 à 25 ans révolus n’ayant pas atteint le niveau du baccalauréat. Les bénéficiaires de ce dispositif se voient accorder un contrat d’une durée de douze mois au minimum et deux ans au maximum dans un service d’une collectivité. Ils sont suivis tout au long de cette période par un tuteur. L’administration d’accueil s’engage à assurer à ces personnes une formation professionnelle dispensée, pour partie, en son sein et, pour une autre part, dans un organisme de formation. Cette formation est d’une durée supérieure à 20 % de la durée du contrat. A l’issue du contrat, et sous réserve d’obtenir le diplôme ou la qualification préparés, l’intéressé passe un examen professionnel. S’il le réussit, il est titularisé dans le corps duquel relève l’emploi concerné. Un tel dispositif paraît séduisant pour lutter contre le chômage des jeunes. Pourtant, il connaît un véritable échec dans la fonction publique territoriale. Pourquoi ? Tout simplement parce que les modalités de sa mise en œuvre sont trop complexes et ne tiennent pas compte des spécificités de la FPT. Panorama des principales difficultés. L’offre de formation est insuffisamment adaptée aux métiers visés par le Pacte notamment en matière de calendrier. Le processus de sélection est compliqué et demande au final plusieurs mois. Les collectivités locales sont tenues de choisir parmi une liste établie par un tiers. Le recrutement du PACTE impose la création d’un emploi budgétaire à la différence de l’apprentissage. Les tuteurs ne peuvent bénéficier de la NBI. Enfin le Pacte est en concurrence directe avec l’apprentissage qui existe déjà dans les collectivités locales et que certains souhaiteraient d’ailleurs renforcer.

A nouveau, on doit constater pour qu’une réforme marche il faut s’intéresser d’abord à ses modalités d’application. En l’espèce, il aurait été préférable de solliciter en amont les collectivités locales pour se rendre compte que ce système serait inapplicable. Il ne reste sans doute plus au Gouvernement qu'à revoir sa copie.

Une loi peut en cacher une autre !

Signature Pendant longtemps les fonctionnaires territoriaux espéraient l’examen du projet de loi de modernisation de la fonction publique territoriale en première lecture par l’Assemblée nationale fin juin. On citait généralement les 28, 29 et 30 juin. Nouvelle déception. Les députés aborderont bien finalement la fonction publique mais il s’agira de celle de l’Etat. La fonction publique de l’Etat vient donc de doubler la territoriale. Certains y verront peut-être un juste retour à l’ordre normal des choses dans le respect bien compris du principe de parité : l’Etat d’abord, la territoriale ensuite. D’autres regrettront surtout que ce nouveau report risque de compromettre une adoption définitive de la loi FPT avant la fin de la présente législature. Plusieurs années de débats, 8 rapports, 11 versions du projet de loi et toujours pas de texte définitif. La patience est en passe de devenir une vertu de la territoriale.

Un autre regard sur la fonction publique territoriale

Complexe, rigide, inadapté, etc. Les qualificatifs négatifs à l’encontre du statut de la fonction publique territoriale ne manquent pas. Ils proviennent aussi bien des employeurs territoriaux, des agents que des directeurs de ressources humaines. Pourtant, après plus d’une vingtaine d’années d’existence, un autre constat s’impose. Même si des ajustements sont toujours nécessaires, la FPT remplie son rôle : donner aux collectivités locales les ressources humaines nécessaires tant sur le plan quantitatif que qualitatif pour exercer les missions que le législateur leur confie. A travers ce Blog, Estelle Mallet et François Meyer, journalistes à la Gazette des communes veulent vous faire partager leur foi en la FPT et ses atouts. Venez  découvrir cet autre regard sur le droit de la fonction publique territoriale en toute liberté et toute franchise.

Un blog

  • A propos du blog Les chantiers Minergie
    Le blog «Les chantiers Minergie » se veut une plateforme d’échanges à propos de la construction de bâtiments labellisés Minergie. Pourront être ainsi exposés les bonnes pratiques, les problèmes rencontrés sur différents chantiers et les solutions proposées afin que le plus grand nombre puissent en bénéficier.
  • A propos de ce blog
    Le blog «Les chantiers Minergie » se veut une plateforme d’échanges à propos de la construction de bâtiments labellisés Minergie. Pourront être ainsi exposés les bonnes pratiques, les problèmes rencontrés sur différents chantiers et les solutions proposées afin que le plus grand nombre puissent en bénéficier.
  • Les auteurs
    L'Association pour l'achat dans les services publics (Apasp) a été créée en 1962. Dès cette date, elle s'est donnée pour vocation de regrouper ses adhérents autour d'une profession : celle d'acheteur public. Cyrille Emery est rédacteur en chef adjoint du Moniteur, rédacteur en chef délégué du mensuel Contrats publics et chargé d'enseignement à Paris-I et Paris-II.
  • La Vigie ?
    Du savoir-faire, les professionnels du BTP n’en manquent pas. Mais question "faire savoir", ils ont encore quelques progrès à faire. Ce manque de communication n’est d’ailleurs pas sans rapport à la mauvaise image dont souffre le secteur de la construction. Pourtant, aussi timides soient-elles, des initiatives de communication originales fleurissent ça et là. Ce blog, animé par Jean-Philippe Defawe, rédacteur en chef du Moniteur-expert.com, présente les plus originales.