A cette question, la jurisprudence répond depuis de nombreuses années et de façon constante par la négative en considérant que les agents non titulaires, les contractuels n’ont pas le droit à un déroulement de carrière. Pourtant, la reconnaissance des contrat à durée déterminée (CDI) dans la fonction publique par la loi du loi du 26 juillet 2005 portant diverses mesures de transposition du droit communautaire à la fonction publique devrait imposer la remise en cause de ce principe. Cette loi est relativement simple. Elle prévoit que « les contrats successifs ne pourront être reconduits, pour une durée totale supérieure à six ans, que par décision expresse de l'employeur, marquant la reconnaissance par ce dernier du caractère permanent de l'emploi occupé, et ce pour une durée indéterminée. ». En revanche, la loi est muette sur la suite de la carrière de ces personnes qui se trouvent en CDI. Une personne en CDI dans un collectivité qui souhaite faire une mobilité dans une autre collectivité perd-elle son CDI ? Une personne en CDI qui fait l’objet d’une promotion importante au sein de la même collectivité locale perd-elle son CDI ( changement significatif de l’objet du contrat). Dans quelles conditions la rémunération de cette personne peut-elle être modifiée sans qu’on considère qu’il y a un nouveau contrat ? A l’ensemble de ces interrogations, le Gouvernement n’a apporté pour l’instant que peu de réponses. Pourtant, il y a urgence car les points de désaccords entre les collectivités locales et les services de contrôle de légalité des préfectures se multiplient. Au moment de l’adoption de cette loi, le ministre de la Fonction publique avait indiqué qu’il engagerait rapidement des négociations avec les organisations syndicales sur ces questions. Le temps est sans doute venu d’engager ce dialogue.

